Allaitement: de l’allaitement mixte à l’allaitement exclusif

Publié le
allaitement mixte - allaitement exclusif

Au départ, je comptais écrire un article sur la raison pour laquelle j’avais opté pour un allaitement mixte. Pour mes deux premiers bébés je n’ai pas vraiment eu le choix, car ayant eu droit à de grosses séances de photothérapies (ils ont fait une jaunisse du nourrisson), les sages-femmes leur donnaient des biberons de lait maternisé, pour éviter qu’ils ne se déshydratent. Du coup, mes ayant été habitués à prendre la tétée et dans la foulée un petit biberon de lait, j’ai gardé ce système une fois rentrée à la maison. J’avoue que ça m’arrangeait, puisque j’étais sûre que mes enfants étaient bien nourris, et puis quand on sortait, s’ils avaient faim, un petit bibi, et c’est reparti!

Seulement lorsque mon petit dernier est né, n’ayant pas vraiment fait de jaunisse, il n’a pas eu de photothérapie. Moi qui rêvais d’un allaitement exclusif, j’étais ravie! Seulement les choses ne se sont pas passées comme prévu. D’abord, je n’avais pas prévu d’avoir (encore) aussi mal. J’avais mal aux tétons car mon petit était littéralement pendu au sein, et au ventre, à cause des tranchées; j’en avais très vaguement entendu parler durant mes deux premières grossesses, mais je ne savais pas que la douleur était aussi vive (j’en parle ici). Du coup, après avoir accouché sans péridurale, donc recousue sous lidocaïne (l’injection, elle, se fait à vif), ajouté à cela la fatigue, j’avoue que j’en avais un peu marre d’allaiter. J’ai essayé d’introduire un biberon de lait histoire de ne pas tourner vinaigre, mais mon bébé a refusé de le boire. J’ai donc poursuivi un allaitement exclusif pendant deux-trois semaines, mais je sentais mes forces s’amenuiser, et avec deux autres enfants à gérer, je n’y arrivais tout simplement pas.

La mise en place de l’allaitement mixte

J’ai acheté une boîte de lait artificiel, un biberon, et j’ai re-proposé un petit biberon à mon fils, 60 ml pour deux doses, qu’il a accepté de boire. Du coup, le papa donnait le premier biberon de la journée au petit dernier le temps que je dépose mon fils aîné à l’école, la journée je lui donnais le sein, et je lui donnais un deuxième biberon en début ou milieu de soirée, en fonction de sa demande. Entre-temps, si je voyais que mon fils s’énervait au sein et qu’il avait encore faim, je complétais avec un petit biberon.

Cette période m’a permis de reprendre des forces; physiquement d’abord, car cette grossesse a vraiment été éprouvante pour moi, avec beaucoup de fatigue et une légère anémie. J’ai pu refaire mon stock de fer et souffler un peu. Psychologiquement aussi, parce que la fatigue jouait vraiment sur mon moral, et l’allaitement exclusif m’empêchait de me concentrer sur autre chose que nourrir mon fils. Mettre en place un allaitement mixte m’a permis de me retrouver un peu, d’être plus libre de mes mouvements; nourrir mon fils n’était plus une corvée, c’est même redevenu un plaisir. Quand on sortait, plus de pression pour trouver un endroit pour allaiter (que je ne trouvais en fait jamais), il me suffisait de lui préparer un biberon et le tour était joué. Comme je ne voulais pas non plus totalement arrêter d’allaiter, lorsque j’ai repris plus de forces, quand mon bébé avait faim, je commençais par lui proposer d’abord le sein avant le biberon. Et la nuit, je ne lui proposais que le sein. Puis mon fils a grandi, et à partir de 6 semaines, il ne se réveillait plus le matin pour réclamer. j’avais donc le temps de déposer mon grand à la maternelle et revenir tranquillement lui donner le sein.

Le passage à l’allaitement exclusif

La transition vers l’allaitement exclusif a été tellement douce que je ne m’en suis même pas rendue compte. C’est une succession de petites choses qui je pense nous ont mené vers l’allaitement exclusif. Tout d’abord, je suis passée de l’écharpe de portage au porte-bébé lors de nos sorties. Ce porte-bébé, tout à fait classique, place mon bébé juste en face de mon sein. Et comme nous sommes en hiver et que j’ai du investir dans une parka chaude, mon manteau cache très bien ma poitrine. Ce qui fait que lorsque mon fils a faim, au lieu de chercher un endroit discret ou de courir à la voiture préparer un biberon, je n’ai qu’à placer mon téton dans sa bouche et rabattre la parka de sorte à ce que personne ne se rende compte de rien. Du coup quand on sort, je peux donner le sein à mon bébé ni vu ni connu. Je complétais avec un biberon de lait une fois qu’il s’était calmé, mais systématiquement il refusait, ou en buvait très peu. De même, à la maison, lorsque mon fils s’énervait au sein, je finissais par lui donner un petit bibi, qu’il refusait aussi. Du coup lorsqu’il s’agite en fin de tétée, je le change de sein, ou je joue un peu avec lui, car souvent ce n’est pas plus de nourriture qu’il réclame, mais tout simplement de l’attention pour jouer! Et lorsque j’ai compris que c’est la succion de bébé qui stimule la lactation, je le laisse s’énerver un peu au sein, car bien souvent la lactation se remet en place, et je peux l’entendre déglutir de satiété.

Quelques conseils pour relancer un allaitement ou passer à l’allaitement exclusif

  • Soyez patiente: il faut du temps pour apprendre à connaître son bébé et à déchiffrer ses pleurs. Ne vous mettez pas la pression, bébé ne pleure pas forcément parce qu’il a faim, mais parfois pare qu’il réclame de l’affection, ou bien parce qu’il sent que vous n’allez pas bien.
  • Mettez bébé un maximum au sein: si vous avez arrêté il y a peu de temps ou si vous avec démarré un allaitement mixte, il est toujours possible de refaire partir la lactation. Pour cela, la première chose à faire, c’est de mettre bébé au sein le plus possible. Au fur et à mesure, votre cerveau aura le signal que bébé a besoin de plus de lait, et donnera le signal au sein de produire plus (bon je schématise, mais en gros ça se passe comme ça). Plus votre bébé prendra le sein, plus vous aurez du lait, et au fil du temps vous pourrez nourrir votre petit totalement au sein.
  • Privilégiez les aliments dits galactogènes: certains aliments sont connus pour favoriser la lactation: les produits laitiers, le chocolat (noir), les fruits à coque, la bière (sans alcool), pour les plus connus, sont connus pour favoriser la lactation. Moi même j’en consomme souvent, surtout au début pour être sure de produire suffisamment de lait rapidement. Mais l’aliment le plus galactogène, c’est l’eau! Si vous ne buvez pas assez d’eau, vous risquez la déshydratation. Et si vos apports en eau sont vraiment trop bas, votre corps vous donnera la priorité, et vos capacités à produire du lait diminueront. Enfin, consommez des aliments complets, riches en vitamines et minéraux, beaucoup de fruits et de légumes. Ecoutez-vous et mangez dès que vous avez faim, l’allaitement n’étant pas une période à privilégier pour faire un régime.

J’espère que mon témoignage et mes petits conseils vous permettront de vivre sereinement votre allaitement (qui est loin d’être automatique, j’en parle ici). De toute façon, que vous donniez le sein ou que vous nourrissiez votre bébé au biberon, la seule chose qui compte, c’est de lui donner tout l’amour du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.