3 choses à savoir sur le post-partum

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Post-partum

Tout le monde croit qu’une grossesse se termine à l’accouchement. Que quand le bébé naît, tout rentre dans l’ordre, miraculeusement. Et pourtant. Toutes les femmes qui ont donné naissance peuvent en témoigner: non, les choses ne se terminent pas après avoir accouché. Durant le post-partum, on continue de souffrir, justement pour le corps se remette et que tout rentre dans l’ordre.

Seulement cette idée est tellement ancrée dans l’imaginaire collectif que personne ne nous prévient, nous les futures mamans, que les désagréments continuent pendant les suites de couche. Et même le corps médical, aussi bien pendant les rendez-vous mensuels que pendant les séances de préparation à la naissance, ne s’attarde pas sur le sujet. Or le post-partum est une période qui peut vraiment être éprouvante; on doit s’occuper de notre bébé, apprendre à le connaître, à répondre à ses besoins. Et avec la fatigue qui s’installe, les nuits sans sommeil, ça peut vraiment être une période de bascule. Alors que si la préparation n’était pas aussi centrée sur le moment de l’accouchement, les choses seraient peut-être plus faciles à vivre pour nous les mamans.

Moi-même, j’ai été très surprise des difficultés que j’ai rencontrées durant mes trois post-partum. Pour mon premier, je n’ai pas vraiment souffert physiquement, juste une grande fatigue due au manque de sommeil, mais mon bébé pleurait sans arrêt, et n’ayant pas une grande expérience des bébés, j’avais tout le temps l’impression de mal faire. Mes deux autres bébés étaient plus calmes, mais physiquement, c’était une autre histoire. La fatigue était toujours présente, mais mes suites de couche étaient plus douloureuses, comme si mon corps était littéralement usé par ces grossesses, pourtant espacées de deux ans. Et ça, personne ne m’en a jamais parlé. A la sortie de la maternité on me parle de contraception, de fermeture du col, mais rien n’a jamais été dit sur ô combien tenir son rôle de maman tout en se remettant de quelque chose d’aussi puissant que l’accouchement serait aussi difficile. Et ça, ça peut vite miner le moral.

J’ai donc identifié 3 choses dont on ne m’avait pas parlé sur le post-partum, qui, si on m’en avait parlé, m’auraient aidé à mieux vivre les choses. Non que cette période ait été très difficile à vivre, mais les incompréhensions qu’elles suscitent peuvent vite ternir le bonheur que j’ai eu à avoir mes enfants.

Les maux de grossesse ne disparaissent pendant le post-partum

Les nausées ont la vie dure…

Pendant mes trois grossesse, surtout la dernière, j’ai souffert de nausées et de dégoûts alimentaires, en plus de remontées acides au dernier trimestre à cause du poids de bébé. Alors quand je voyais une pub pour McDo ou Burger King, je m’imaginais en train de dévorer un burger, et cette image me motivait à supporter la fin de la grossesse. Seulement j’ai été surprise, surtout pour mes deux dernières grossesses, de constater que non seulement j’avais toujours des dégoûts alimentaires, mais qu’en plus il m’arrive, surtout cette fois-ci (à l’heure où j’écris ces lignes, je suis toujours en congé maternité), de souffrir de nausées, le matin si j’ai le ventre vide, ou si je mange quelque chose de trop gras ou de trop épicé, ou si je mange en trop grande quantité. Comme quand j’étais enceinte. Donc le big menu burger XXL, on oublie. Je peux manger plus de choses que pendant ma grossesse, mais en quantité limitée, et il y a encore beaucoup de choses que je ne peux pas encore manger sous peine de passer une mauvaise soirée. On m’avait vendu que tout rentrerait dans l’ordre après l’accouchement… J’attends toujours.

Les douleurs persistent même pendant le post-partum

D’abord, les contractions, parlons-en! Ayant un utérus contractile, je ressens les contractions dès le deuxième trimestre. Parfois elles sont douloureuses donc je suis obligée de faire un contrôle à l’hôpital pour vérifier que tout va bien. Pour mon premier, j’ai même été placée en menace d’accouchement prématuré car elles étaient trop rapprochées, heureusement j’ai accouché à 41 semaines d’aménorrhée. Après l’épreuve de l’accouchement, on se dit que c’est fini, mais que nenni! D’abord, il y a la délivrance du placenta; après avoir accouché mon petit dernier, à domicile, donc sans péridurale, j’ai été étonnée d’avoir toujours autant mal, sur le trajet pour la maternité, après la naissance de mon fils. Ce fut un moment très difficile, après l’euphorie de l’accouchement, de ressentir autant de douleurs, et le trajet fut très éprouvant. J’ai connu une légère période d’accalmie, puis sont apparues les tranchées lorsqu’a débuté l’allaitement. Quelle horreur! J’avais l’impression de revivre un accouchement à chaque fois que je mettais mon fils au sein; or durant les tous premiers jours, le bébé tète du colostrum, jusqu’à la montée de lait, et tète souvent, en raison de la taille de son estomac. Et cette douleur, comme pour les contractions de travail, rien ne les soulage, ni le doliprane, ni le spasfon. Heureusement au bout d’une semaine tout est rentré dans l’ordre, mais clairement, cette douleur était vraiment difficile à vivre. Heureusement qu’avec les mesures sanitaires, je ne recevais que la visite du papa, parce que clairement, je n’aurais pas pu gérer.

Pendant mes grossesse, notamment en raison de mon petit gabarit, je souffre de douleurs ligamentaires. Même si elles ne sont pas dangereuses pour le bébé et n’agissent pas sur le col, elles sont extrêmement désagréables à vivre, surtout à la fin, où on est fatiguée et qu’on en a marre. A l’accouchement, certes j’ai moins de difficultés à bouger, mais les douleurs n’ont pas disparu pour autant! La nuit, je souffre souvent au niveau du périnée, et je peux clairement sentir le col se refermer. Ce n’est pas aussi douloureux que les tranchées, mais elles suffisamment fortes pour me réveiller. Déjà que je dors peu (bébé ne fait pas ses nuits), se faire réveiller par des douleurs, il n’y a pas pire!

Les hormones font toujours effet pendant le post-partum

Pendant la grossesse, les hormones jouent vraiment sur le moral et font faire des choses délirantes! Moi qui suis d’un naturel pacifique, je pars au quart de tour à la moindre réflexion! Quand je reçois une mauvaise nouvelle, c’est la fin du monde et je suis assaillie d’idées noires, et plus la fin approche plus je suis aux abois; je fais une montagne de courses, un hyper grand ménage… Pour mon dernier, je me suis épilée les sourcils et je me suis coiffée, pour que mon bébé ne soit pas effrayé par mon image à l’accouchement; mon mari a bien ri, car les premiers jours de sa vie, un bébé ne voit pas…

J’ai échappé au baby-blues, mais pas aux effets des hormones de l’allaitement…. Du coup je suis toujours aussi hypersensible, à fleur de peau, mais à la différence que mon bébé m’apporte tellement de joie que j’arrive à garder (un peu) les pieds sur terre. Surtout, le fait d’avoir accouché chez ma mère, sous le regard médusé des pompiers et de mon chéri, m’a fait grandir d’un coup; après ça, je peux tout surmonter, tout accomplir.

L’allaitement, c’est pas automatique

Les difficultés de la mise au sein

On nous vante souvent que l’allaitement au sein est la meilleure chose qui soit pour notre bébé. L’organisation mondiale de la santé y va même de ses recommandations, en préconisant un allaitement exclusif pendant six mois. Seulement en pratique, c’est pas si facile. Pour diverses raisons, j’ai opté pour l’allaitement mixte. Mais malgré tout, l’allaitement n’est pas une chose facile. Pendant ma première grossesse, ou je jouais encore aux mères parfaites, je m’imaginais nourrissant mon bébé avec un grand sourire. Seulement lorsqu’il est né, il n’a pas réussi à prendre le sein correctement. Et à cause de sa jaunisse, on a du introduire une supplémentation en lait maternisé pour qu’il soit suffisamment hydraté. Résultat, mon fils a préféré prendre le biberon que le sein, et à ses deux mois, c’était terminé. Pour ma seconde, j’ai réussi à tenir 17 mois, mais les débuts n’étaient pas faciles. Ce qu’on ne dit pas, c’est que l’allaitement, notamment au début, c’est douloureux. Entre la montée de lait et la prise au sein, la première semaine est particulièrement difficile, et je suis souvent tentée d’abandonner, pour ne pas y laisser la raison. J’ai beau appliquer scrupuleusement les conseils pour la mise au sein, rien n’y fait. Après, lorsque mes mamelons s’habituent à la bouche de bébé, ça va beaucoup mieux.

La fatigue de l’allaitement

L’allaitement, c’est aussi très fatigant, et ça, personne n’en parle. Pour mon premier, je n’ai pas allaité suffisamment longtemps pour m’en rendre compte, d’autant qu’il prenait plus au biberon qu’au sein. Du coup ma récupération physique a été plus rapide, surtout que mon fils a fait ses nuits à trois mois. Pour mes deux autres bébés, ça a été autre chose. Ma fille a été longtemps et prenait plus au sein qu’au biberon, du coup cela m’a demandé un réel effort physique, en plus de devoir m’occuper de mon premier, qui avait à peine un an à sa naissance. Toute la journée je me traînais, sans savoir pourquoi, et ça a vraiment joué sur mon moral, en plus de tout ce que j’avais à gérer comme galères. J’aurais aimé être prévenue que l’allaitement était si fatigant, je me serais mieux préparée, et surtout je n’aurais pas autant culpabilisé de faire moins de choses dans la journée, alors que j’avais accouché; j’étais donc censée être en pleine forme, alors pourquoi étais-je si fatiguée? Pour mon troisième, vu qu’il refuse le lait maternisé, je suis revenue à un allaitement exclusif, sauf lorsqu’on est à l’extérieur (et même là, avec mon nouveau porte-bébé, je peux donner le sein à bébé comme je veux en toute discrétion), du coup je suis obligée de m’alimenter très souvent, et de prendre des compléments alimentaires pour tenir le coup. Mais comme la fatigue n’est plus vraiment une surprise, j’arrive mieux à gérer émotionnellement, étant mieux préparée.

Bébé n’est pas livré avec un mode d’emploi

Le sommeil de bébé

Un bébé qui fait ses nuits dès la naissance, c’est une image d’Épinal. Certains parents ont de la chance, et leur bébé a un rythme qui leur convient dès ses premiers jours. Mais le plus souvent, bébé vit la nuit, et dort plus ou moins le jour. Mon premier, lui, ne dormait pratiquement jamais; alors que la plupart des sites internet et des livres nous apprennent qu’un nourrisson dort entre 20 et 22 heures par jour, mon bébé ne dormait pas plus d’une heure la journée, et passait ses nuits à pleurer ou à jouer. Mon petit dernier dort un peu plus la journée, mais ses phases d’éveil sont la nuit. Alors qu’il va bientôt avoir trois mois, il commence à inverser la tendance et dort un peu plus longtemps la nuit, mais il est clairement loin de faire ses nuits. Quant à ma fille, elle a mis un an avant d’avoir un rythme de sommeil; aujourd’hui elle a deux ans, et elle se réveille encore une à deux fois par nuit.

Le manque de sommeil que nous jeunes parents subissons est une part tellement importante du post-partum que je trouve qu’on devrait en parler plus souvent. C’est vrai qu’un bébé qui fait ses nuits c’est plutôt banal, mais physiquement et psychologiquement, avec la fatigue qui s’accumule, ça peut être très éprouvant, et même donner lieu à des drames. A cause du manque de sommeil, j’ai parfois des sautes d’humeur, et c’est toute ma famille qui en pâtit. Je en sais pas s’il existe des solutions pour que cette période soit moins difficile à vivre, autre que la patience, mas je pense que ça devrait être moins passé sous silence.

Les pleurs de bébé

Un bébé, ça pleure. Il peut même hurler jusqu’à réveiller tout un immeuble (véridique). Au début on est euphorique, trop contente d’avoir mis au monde cette merveille. Seulement, avec la fatigue accumulée par l’allaitement et le manque de sommeil, avec un bébé qui pleure, ça peut vite tourner vinaigre, les drames relayés par la presse sont là pour le rappeler. Moi-même, j’ai souvent failli péter les plombs en n’arrivant pas à calmer mes enfants; dans ce cas, je préfère les mettre en sécurité dans leur berceau et quitter la pièce. Quand on est en voiture c’est une autre paire de manche, puisque je ne peux pas descendre; quand ma fille pleurait trop en voiture, je demandais à mon mari de s’arrêter, et on continuait à pieds. Cela suffisait en général à la calmer.

Les moments de décharge pour un bébé ne sont jamais faciles, surtout qu’une crise peut démarrer à n’importe quel moment: s’il a faim, pour les dents, s’il a des coliques, ou même si la journée a été trop stimulante pour lui, et c’est la crise. Personnellement, dans ces cas là, j’essaie d’identifier le besoin de bébé; si je peux y répondre, tant mieux, et la crise s’arrête. Et si rien n’y fait, je lui fais un gros câlin. Si vraiment c’est la crise et que je sens que je ne peux pas gérer, je pose bébé dans son berceau et je sors respirer un bon coup. En général, après ça va mieux, et je peux apporter à mon enfant toute l’attention dont il a besoin. Seulement les crises d’un enfant peuvent vraiment être surprenantes, et ça, personne n’en parle. Si l’on essaie de trouver du réconfort ou des conseils auprès de nos proches ou des professionnels de santé, au mieux on se ramasse un gros silence, au pire des commentaires désobligeants. Oui, j’assume d’avoir fait des enfants; mais ceux-ci n’étant pas livrés avec des manuels d’utilisation, il est normal parfois d’avoir besoin d’éclairage, non?

Pour toutes celles qui se reconnaîtront dans cet article, j’espère qu’il vous aura fait du bien et vous aura apporté un peu de réconfort. Ne culpabilisez pas, la société ne nous prépare pas à devenir maman (c’est pareil pour les papas d’ailleurs). C’est à force de combats d’expérience, que nous parviendrons à casser les codes de la maternité et à écrire notre propre définition de la parentalité.

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